Divagation

Mon Dieu que le temps passe vite.
D’un Aïd à l’autre, d’une journée de la femme à l’autre, d’un beau printemps au suivant, les années défilent. J’ouvre mon album photo et c’est seulement là, en voyant ces visages qui ont changé, ses cheveux qui étaient noirs maintenant tous blancs, que je me rends compte du temps qui s’est enfui. Au quotidien, quand ma route vers le travail est semée d’embuches, quand mon pénible travail me fait sentir chaque minute, quand la faim me tenaille et me tord les boyaux durant les longues journées de jeun en plein été et que j’attends impatiemment l’appel de l’imam pour assouvir mes désirs, il me semble que le temps de vivre est encore suffisamment lent, long. Hélas ! Ces images, que j’aime pourtant, qui me servent à remonter le temps, me font mal, très mal.
Non, inutile de s’attarder sur tout ça. Oublier, occulter, rêver, continuer, aller de l’avant, qu’importe, c’est mon sort, le tiens, le notre.
Nous sommes tous là, forts ou malades, hommes ou femmes, athées ou pieux, semblables, ivres de vie, inconscients, il nous dévore, nous l’acceptons, nous nous leurrons. Je continuerai de vivre. Par mes œuvres, par mes enfants, mes idéaux et mes travaux. Je serai là, dans la mémoire de ceux qui m’aiment, qui m’ont connu. Ils m’aimeront, me garderons pour de bon.
Ah oui, bien sûr ! Que m’importe d’ailleurs tous ces vivants, ils périront, me rejoindront et m’oublieront. Je veux l’éternité, le paradis, le fleuve sacré, la verte prairie de l’éden, sa chasteté, sa nudité, sa liberté. Le vin, le pain, la femme, l’amour, toutes ses saveurs, sans interdit et sans soucis.
Pour moi et pour nous tous, rien n’est donc perdu, rien n’est trop grave ni dramatique, continuons, vivons, rions et rêvassons.   tchakhl.jpg 

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