Formation professionnelle

Ces diplômes qui ne valent rien

Diplomé de l'université, d'un institut de formation professionnelle public ou privé, l'accès à l'emploi pour les jeunes algériens est un véritable parcours du combattant. Pour certains d'entre eux, les plus chanceux, qu'en est-il de la rémunération et des possibilités de promotions dans leurs carrières une fois leur poste de travail  acquis ? 

Ces dernières années on note l'arrivée en force du privé dans le secteur de la formation professionnelle. C'est sans aucun doute un plus pour les jeunes qui ne demandent qu'à apprendre pour rejoindre dans les meilleurs conditions le monde du travail. Le problème principal, pour ne pas dire l'handicap, est que les diplômes sanctionnants leurs cycles de formation ne sont pas reconnus. "Ce n'est pas un diplôme d'État" s'entendent t-ils dire par les recruteurs.

La formation dans ce type d'établissement est fort onéreuse. Etablissement agréé par l'état, des équipes de formateurs expérimentés et des programmes de qualite à la hauteur et intégrant les nouvelles technologies sont, pourtant les slogans prometteurs de leurs campagnes publicitaires. Les parents foncent tête baissée et sacrifient leurs revenus, il y va de l'avenir de leurs enfants.

Nul ne met en doute leur sérieux ou la qualité de leur formation. Les diplômes obtenus da s ces etablissements ne sont pas les seuls à être remis en cause. L'institut d3 formation professionnelle de Saint Michel à Alger, établissement rattaché à Sonatrach, attribue des diplômes qui sont accueillis par les mêmes propos : non reconnus car non étatiques. Nous citerons ici l'exemple d'un jeune diplômé de cet établissement qui s'est trouvé dans l'obligation d'accepter un poste de travail de vacataire sur la base d'un simple niveau de terminale avec une maigre rémunération de vingt quatre milles dinars (24 000 da). Après avoir suivi deux formations à SONATRACH-IFG Saint Michel : BP banque pour environs 170 000 da et ingénieur d'affaires pour un prix superieur au premier. 

Le manque d'informations et d'orientations aidant, et après avoir épuisé toutes les démarches et tous les recours possibles, il s'est résolu à rejoindre le monde du travail avec les moyens de bord. "Vous avez étudié pour rien" lui a-t'on dit sèchement au ministère du travail. "Nous ne pouvons rien faire pour vous."

En suivant les conseils d'un ancien responsable du CNEPD, centre national d'enseignement professionnel à distance, qui organise des examens pour valider ce genre de diplômes, il vient de se passer les épreuves après avoir déposé, non sans mal, son dossier de candidature. Nous croisons les doigts et prions pour lui, attendant les résultats.

Les diplômes obtenus par le biais du CNEPD (à distance) et des CFA sont par contre plus valables : "diplômes d'État". La qualité et les connaissances acquises après la formation sont-ils meilleurs ? Et surtout, pourquoi laisse-t-on en fonctionnement des écoles et des instituts qui forment et attribuent des diplômes inutiles ? 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 04/09/2018

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