Dal hocine

Le kabyle émigré à paris vit dans une cité HLM de la banlieue. Il travaille dans un grand supermarché et termine sa journée, qui commence très tôt, à quatorze heures. Il a donc le temps de s’adonner à sa passion qui est celle de cultiver un jardin potager. A cet effet, la municipalité a mis à sa disposition un grand terrain situé non loin des immeubles où il réside. Courgettes, pommes de terre, salade, il fait pousser un peu de tout. Il a même aménagé un tunnel souterrain, en grand labyrinthe, qui débouche sur une grande cage grillagée pour élever des lapins. Dès qu’il arrive, reconnaissant le bruit de ses pas, les lapins sortent de leur cachette. Il leur apporte à manger, du pain, de l’herbe et des restes de nourriture qu’il rapporte avec lui.

Dal hocine a très bon cœur. Il a pris l’habitude de rendre visite à deux clochards vivant dans un hangar de fortune situé à proximité. Il partage leur conversassions un bon moment et accepte même de prendre un petit verre de vin avec eux. Une amitié l’a lié à ces gens simples mais qui ont eu des passés des plus honorables qu’ils n’oublient jamais de lui raconter de temps à autre comme pour lui montrer qu’ils sont eux aussi des personnes respectables malgré ce qu’ils sont devenus.

Un étudiant est venu passer ses vacances cette année là à paris. Comme il a quelques liens de parenté avec Dal hocine, il lui rend visite. Ce dernier comme a son habitude retient le jeune homme chez lui pour tout le séjour. « Ça t’évitera de payer l’hôtel et de manger toujours dehors, toi qui n’a pas beaucoup de moyens » lui dit-il. Parfois Dal hocine demande au jeune homme de l’accompagner à son jardin, il lui montre avec fierté ce qu’il réalise et lui présente ses deux amis. Comme lui il est pris de sympathie pour les deux messieurs, et a appris à les connaitre et à les adopter.

 Un jour, Dal hocine prépare un couscous chez lui à l’occasion d’une fête religieuse. Il dit à son jeune ami : « Je ne dois pas oublier mes deux clochards, je prendrai le plat de couscous et toi la casserole qui contient la sauce ». Sitôt dit, sitôt fait.Il avait plu la veille et ils partirent vers le jardin en suivant un sentier encore mouillé et boueux. Soudain Dal hocine glisse sur une grande pierre et se retrouve parterre ses vêtements dans un piteux état, mais comme par miracle la plat de couscous est resté à l’horizontale entre ses deux mains et aucun grain n’est tombé par terre. « Je ne l’ai pas renversé » s’écria t-il en rigolant très fort satisfait d’avoir sauvé ce bien si précieux. L’étudiant surpris et admiratif fût pris d’un rire tout aussi franchement. Situation comique mais oh combien elle témoigne de l’importance accordée à la noble mission dont cet homme s’est investi.

Aujourd’hui encore quand les deux hommes se rencontrent en Kabylie Dal hocine demande : « tu te rappelles le couscous ? » et ils se remettent  tout de suite à rigoler.

 

Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 28/06/2009

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Général
Concert - Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web